Ce week-end je travaillais

. Il me fallait beaucoup de courage mais bon quand il faut...
J'arrive au boulot et là mes collègues sont catastrophées, on a 9 patients, c'est pas cool surtout avec 3 intubés ! Normalement dans mon service on est habilité à recevoir jusqu'à 8 patients mais on tourne le plus souvent à 10 voire 11 les jours de fête ! et bien sure sans personnel en plus, ça coute trop cher le personnel !
Bref on commence notre petit tour du soir, on est très chronique chez nous l'organisation est toujours la même. Tour des patients : température, pipi, caca, plus les soins, qui sont évidement différents pour chacun. On se répartit les patients : 5 patients pour l'infirmier, 4 pour mon infirmière que j'adore, et nous on est 3 AS donc 3 patients chacune. On travail en binôme avec les IDE. Les problèmes commence : qui travail avec l'IDE ? Bonne question personne ne se bouscule, la remplaçante ? Hors de question elle est trop nulle, moi ? Hors de question si je travail avec elle, elle finit la tête dans le lave bassin donc ma collègue s'y colle avec enthousiasme !

Nos patients se sont résumé à : 3 intubés donc pas chiants, 1 à l'article de la mort, 3 supers chiants et 1 mamie adorable.
Les 3 intubés ont été extubés pendant le week-end, il y en a 2 dont on attend le décès et l'autre c'est un miracle car il revient de très loin. Celui qui est près à moirir est encore en vie, ceux qui sont chiants le sont encore plus et la mamie adorable elle l'est toujours autant.
Le premier, c'est un patient qui ne voulait pas être réanimé mais le chef en a decidé autrement donc après un arrête cardiaque ce pauvre homme s'est retrouvé avec un tuyau au fond de la gorge et avec un machine pour respirer. Heureusement que chacun à le droit de dire ce qu'il veut qu'on fasse de lui !!! Le fait est que maintenant il est extubé et qu'il a ressignifié avec force qu'il fallait qu'on lui foute la paix et qu'on le laisse mourir en paix. Pourvu qu'il soit écouter ce coup-ci.
Le second c'est un patient qu'on a sauvé et ça fait super plaisir car vendredi, on pensait qu'il allait mourir. En fait il va bien, il parle, il va bien et il attend sa sortie. Même si ce n'est pas pour tout de suite c'est chouette.
Le troisième un casse bonbon de première. Il nous crache au visage, fait caca dans le lit et l'étale partout, sur nous de préférence c'est plus drôle. Le plus déplorable dans cette histoire c'est que c'est quelqu'un qui a toute sa tête mais qui est chiant de nature. Plus aucun hopital ou clinique de la région ne le veut donc ce coup-ci c'était pour nous. Lui un enfer à lui tout seul. Tout le temps à appeller et dès qu'on arrive et qu'on lui demande ce qu'il veut il nous répond : "Rien je voulais juste savoir si vous étiez là ", alors qu'on était à 3 mètres de lui.
Le quatrième pas grand chose à dire à part que c'est quelqu'un de très malade, qui est infecté qui est entrain de se noyer car on ne fait plus rien. On attend qu'il meurt mais ce qu'il lui reste de mieux à faire car c'est pas une vie d'être dépendant des machines.
Le cinquième il a pété les plombs, il a pas arréter de nous dire qu'on était que des bonnes à rien, que des salopes, et que s'il pouvait se mettre debout il nous montrerait ce que c'est qu'un homme. Vu dans quel état il est il n'est pas prêt de nous le montrer!
La sixième, une pauvre mamie qui est passé au bloc pour une fracture. Donc le chirurgien lui met une prothèse mais il a oublié de lui mettre les vis donc elle a mal et comme elle avait commencé la réeducation, bah elle a d'autres fractures puisque maintenant c'est plus une qu'elle a mais 4. C'est une honte ce genre de situation et la famille n'est pas au courant que c'est du au chirurgien.
La septième c'est tout un poème : elle crie, elle hurle toute la nuit et la journée sauf quand sa famille est là. Si seulement les familles étaient autoriser à dormir dans le service... Alors elle appel, qui on ne sait pas mais elle appelle. Il faut qu'on lui porte le petit déjeuner à 23 h et la soupe à 4 h sauf qu'elle n'a pas le droit de manger.
Le huitième, pareil que le premier quelqu'un qui était intubé et qui a été extube mais qui voulait aussi mourir tranquillement et on s'est acharné dessus car le chef ne supporte pas l'échec. Un mort c'est un échec dont on fait tout pour le sauver même si la personne doit passer 1 an comme un légume avec pour seuls compagnons le respirateur et nous.
On parle d'euthanasie, que c'est illégale et que ça ne devrait pas se faire mais sincèrement il y a des situations ou on ferait mieux d'aider les gens à mourir dignement et sans douleur plutôt que de vouloir absolument les garder en vie puisque de toute façon ils mourront quand même mais là ça ne sera pas d'un arrêt cardique mais d'infection puisqu'à force d'être avec le respi on attrape des infections et on en meurt.
Quand à la neuvième, rien à dire une mamie dont on rêve d'avoir chaque jour.
Ce week-end n'était pas drôle mais pas triste non plus puisqu'il n'y a pas eu de mort. On fini même bien puisqu'on a sauvé quelqu'un.
Et même on fini super bien puisque notre infirmière préféré se casse travailler dans le public, elle croît qu'elle trouvera du " petit personnel" obéissant et docile. Nous on est super content, on va même faire la fête et je souhaite bon courage à ses futures collègues car franchement c'est une connasse dangeureuse et même pas sympa. On ne sait pas si elle sera remplacé mais comme on dit : "des fois il vaut mieux être seul que mal accompagné !"
Pour les histoires croustillantes je refais un article dessus mais dans mon service il n'y en a pas beaucoup. Je fait le tour de mes collègues et je prépare ça.
En attendant je fais quand même un chouette boulot et c'est pas tout le monde qui quand il rentre chez lui peut dire qu'il a sauvé une vie. Même si nous c'est en fonction des compétences de chacun comme on travail tous ensembles, sauver des vies c'est collectif, avec une grosse part pour le chef quand même.
Bien que moi j'en ai sauver un la semaine dernière. Il était entrain de se vider de son sang et je suis rentré dans sa chambre par hasard. Si je n'était pas entré il avait une heure pour se vider.