En voilà une qui commence mal !
D'abord parce que quand on travail pour le jour de l'an c'est pas cool et en plus quand c'est pour se coltiner un décès ça l'est encore moins.
Retour au 31/12/05. 18h40 départ pour le boulot, avec beaucoup de mal. Pas envie de quitter mon copain et ma fille. Ils vont passer le jour de l'an en tête à tête, enfin presque puisque ma puce est au lit de bonne heure. Donc mon copain va passer la transition 2005/2006 avec lui-même, difficile pour se faire la bise et se souhaiter une bonne année, bonne santé etc... Bref moi j'arrive au boulot : " le service est plein et c'est lourd", " merci, la prochaine fois pas la peine de me le dire je le verrais bien une fois que je me serais changé !" Heureusement mes 3 collègues préférés sont là : C., I., L.... Plus l'autre que j'appellerais l'autre !
Un coup d'oeil rapide aux scopes et là je suis presque soulagée, oui c'est plein mais bon ils ne sont "que" 9 et L. et I. me disent que c'est cool tout est cadré et que de toute façon ça ne peut pas être pire que le veille. Me voilà rassuré !
On commence le tour des patients et là : elle n'a pas l'air très bien elle quand même ! Oh et puis elle non plus ! Pffff... Et lui ? Ah enfin un qui va à peu près bien.
La soirée se déroule normalement, 4 qui bossent et l'autre qui glande son gros cul empalé sur le tabouret à roulette, soirée normale !
On 23 h et quelques on commence à s'affairer dans l'office pour préparer la table de réveillon, bah oui hein ! C'est pas parce qu'on est au boulot qu'on peux pas fêter la nouvelle année !, les filles nous font une déco sympa qui contraste avec le blanc des murs ( enfin ils sont jaunes maintenant les murs) et pis c'est joli ce qu'elles ont fait, ça égaie la table. Et l'autre toujours son tabouret collé au cul !
On s'était dit qu'on avancerait un peu le tour de minuit pour être à l'heure pour se souhaiter la bonne année donc on y retourne dans la bonne humeur.
Ohhhh elle est vraiment pas bien elle ! On s'occupe d'lle et on va voir les autres.
Minuit moins le quart mon chéri me téléphone, on discute et bonne année...
A l'heure où toutes les églises de France sonnaient les 12 coups de minuit, chez nous c'était le scope qui sonnait, mais pas parce que c'était minuit. Pas le temps de se la souhaiter cette maudite bonne année, on entre dans la chambre, les alarmes sont en follie, je les coupe manière d'avoir un peu de silence. De toute façon on ne fera pas grand chose, la patiente était condamnée et se lancer dans une réa ne servirait à rien à pars prolonger ses souffrances, donc j'attends. Prace qu'à ce moment là je suis seule avec la patiente, mon infirmier est occupé et les filles finissent ce qu'elles ont à faire, I. passe voir quand même régulièrement où est-ce qu'on en est et l'autre toujours son gros cul fixé sur le tabouret.
0h20 c'est fini. La patiente est morte. Bonne année ! Vous au moins vous aurez vu 2006 ! Pas longtemps certes mais vous y serez arrivé ! Et voilà j'éteins le scope,je lui enlève tous les fils, fais ce que j'ai à faire. I. vient vérifier qu'elle est bien morte. On sort et on ferme la porte. A table...
On s'installe autour de la table, une clope vite ( ça fait du bien !) et on rigole ( ça fait beaucoup de bien aussi ). Et bonne année au fait, avec tout ça on a même pas eu le temps de se la souhaiter cette foutue bonne année, meilleurs voeux etc etc etc... Et l'autre toujours le tabouret vissé au cul ! Putain elle je n'ai vraiment aucune envie qu'elle passe une bonne année, elle me gonfle je ne la supporte plus.
Attaquons le repas que nous nous sommes ammené et qui parait bien sympatique. Un régal ! Repas traditionnel mais excellent et qui nous change de la merde que nous sert la Sodhexo. Là c'est que du fait maison et c'est bon. Le fois gras c'est du vrai, pas du pâté de canard qu'on vend aux parigots ( à un prix exhorbitant d'ailleurs !), magret, gésiers etc... Des noix de St-Jacques... A tomber tellement c'était bon. Un bon repas, des crises de rire à n'en plus finir ça fait du bien aussi, ça change de la pesanteur du service qui règne parfois.
Malheureusement on est pas à la maison et il faut y retourner, voir nos patients et leurs souhaiter une bonne année à eux aussi parce qu'ils sont avec nous et ils ne l'ont pas choisi non plus.
Le retour à la réalité est parfois difficile, même si dans notre cas on ne l'oublie pas notre réalité, les alarmes sont là pour nous le rappelller constamment.
Il faut faire la toilette mortuaire. Dur. Avec L. on s'y met, les filles viennent nous aider et nous soutenir moralement, merci les filles

et l'autre toujours son gros cul englué sur le tabouret ( je crois que je vais tous les jeter les tabourets, hop par la fenêtre). Et on enchaine car la nuit passe vite, les toilettes à faire, les pansements, les bilans à prélever, les poubelles à vider, le linge à sortir etc...
Et enfin 7 h l'heure de la délivrance, je vais enfin pouvoir rentrer à la maison. C. m'attend dans pour partir, on part toujours ensemble. C'est un amour cette petite. Ce sont tous les 3 des amours. Des fois c'est pas facile, on se prend la tête, on s'engueule mais on s'entend bien. Le plus difficile c'est pour L., le seul mec de l'équipe. Y'en a que ça fait rêver d'avoir 4 nanas rien que pour eux mais lui, ça ne le fait pas rêver du tout, il doit en avoir marre de nous et de nos histoires de filles.
Et l'autre toujours son gros cul empalé sur le tabouret...